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Diffamation du Pape envers les païens

Diffamation du pape envers les païens : à l’heure où le Trésorier du Vatican est condamné pour pédophilie, voici le communiqué de l’Ordre Druidique de Dahut à ce propos et en réponse au bulletin papal du 24 février 2019. Écrit par la dirigeante de l’ODD avec le soutien des sacerdotes de l’Ordre.

Diffamation du pape envers les païens

Moi, Yavanna, dirigeante de l’Ordre Druidique de Dahut, souhaite réagir aux propos du Pape dans son bulletin du 24 février 2019, pour dénoncer son discours déresponsabilisant au regard des abus sexuels sur mineurs de la part des sacerdotes chrétiens catholiques et diffamatoire envers les païens, présentés comme responsables de manière directe ou indirecte de ces agissements.

Déresponsabilisation de l’Église catholique

En effet, le bulletin papal montre en premier lieu le manque flagrant de bonne foi de l’Église catholique qui n’assume nullement sa responsabilité dans le comportement des sacerdotes qui la composent.

Le Pape développe le fait que les abus sexuels, et les violences en général, sur mineurs, sont des actes extrêmement répandus, anciens, et qui touchent toutes les cultures et les strates de toutes les sociétés, avec l’idée sous-jacente que ce fléau est tellement ancré que l’on ne peut pas réellement l’éradiquer, et qu’il est presque quasiment normal, constitutif des sociétés humaines.

Il met également en avant l’entourage proche des enfants, notamment familial, comme source première des abus. L’adjectif « ecclésial » n’est mentionné dans cette partie du texte que de manière anecdotique.

De la même manière, il met l’accent sur différents éléments sociétaux contextuels qui sont autant de causes directes ou indirectes des abus, notamment la pornographie et sa diffusion accélérée par les moyens et les réseaux modernes de communication ainsi que le tourisme sexuel.

Et en comparaison avec cette masse de sources et de causes autres, il évoque seulement à la fin de son discours les « quelques de leurs confrères » qui discréditent l’ensemble des prêtres catholiques.

L’objectif est là clairement de minimiser les cas d’abus sexuels sur mineurs dans le clergé catholique et de les noyer dans la masse d’un fait de société présenté comme quasi-universel.

Le Pape se targue que l’institution dont il est responsable soit représentative d’« une autorité morale » et possède une « éthique », et pourtant l’universalité du phénomène des abus sexuels sur mineurs semble justifier dans la suite logique de son discours que l’on en trouve également au sein de cette institution religieuse. Ce fait est présenté comme une fatalité que l’on peut uniquement constater et éventuellement réparer. Il présente ainsi par ailleurs l’Église comme « victime » des sacerdotes qui abusent des enfants, montrés comme faisant preuve d’« infidélité ».

Il semble pourtant évident que l’ambition de suivre et de former ses sacerdotes pour qu’ils fassent preuve de l’exemplarité qu’on est en droit d’attendre d’eux devrait être un enjeu majeur, un objectif depuis longtemps atteint et maintenu.

Et quand le Pape reconnaît enfin une part de responsabilité dans la situation, c’est en déclarant : « La sainte crainte de Dieu nous porte à nous accuser nous-mêmes – comme personne et comme institution – et à réparer nos manquements. » Il est tout à fait ahurissant de voir que, de son aveu même, c’est avant tout la peur d’un châtiment divin qui l’a poussé à cette reconnaissance un peu forcée, et non la capacité à assumer de manière autonome les conséquences de ses actes et de ses décisions.

De toute façon, d’après le Pape, « ce phénomène criminel […] n’est aujourd’hui que la manifestation actuelle de l’esprit du mal » et « Il n’y a pas d’explications satisfaisantes pour ces abus sur des enfants. Humblement et courageusement, nous devons reconnaître que nous sommes devant le mystère du mal. » Il n’y a aucun courage dans ce constat défaitiste, et aucune remise en question. L’origine des abus sexuels ne semble pouvoir se trouver qu’à l’extérieur de l’Église et même de l’humanité en général, et venir d’une source qui ne peut relever d’aucune décision humaine, sociale ou politique, mais uniquement d’un combat religieux : il s’agit d’une force mystérieuse, délibérément floue et quasiment superstitieuse, le Mal.

De ce fait, le Pape se dégage de toute responsabilité quant aux actes des personnes de la communauté sacerdotale dont il a la charge dans un comportement d’une grande lâcheté.

Diffamation des païens, boucs-émissaires désignés

« En réalité, nous ne devons pas tomber dans le piège d’accuser les autres, ce qui est un pas vers le prétexte qui nous sépare de la réalité. » C’est pourtant bien ce que fait le Pape par la présentation indirecte des païens tout au long du discours comme la source ou les agents de ce fameux « mal » qui viendrait de l’extérieur contaminer les malheureux hommes d’Église.

Le Pape cite ainsi l’épisode d’Hérode, qui évoque un roi juif qui tue les enfants de moins de 2 ans à Bethléem. Hérode fut mis roi sur ordre de Rome, donc mis en place par des païens. Ce qui en fait un exemple qui vise les païens. Or les théologiens reconnaissent que ce mythe est une réflexion de Mathieu à propos des enfants juifs noyés par Ramsès – pharaon, donc païen. Il s’agit ici de réaffirmer le côté prophète de Jésus. Comme Moïse, Jésus est un rescapé d’un infanticide. Ce procédé est un procédé récurant dans la Bible et le Nouveau Testament pour ancrer le caractère miraculeux de l’enfance des prophètes. On est donc bien dans du mythe et du légendaire, où le païen condamne, encore, le peuple de Dieu. Il est ainsi regrettable que le Pape mentionne cet exemple antipaïen non fondé, dont il est impossible de démontrer la véracité des faits.

Par ailleurs, Satan est nommé plusieurs fois comme incarnation du « Mal ». Or le satanisme est l’ensemble des cultes « en opposition » (Satan est un verbe hébraïque voulant dire « être en opposition/un adversaire ») à ceux du Livre (la Bible). Il s’agit donc ici de viser directement les paganismes qui est en ce sens un synonyme : le Pape nomme directement les païens comme responsables directs de la pédophilie. Chose réappuyée avec le terme de « loups avides » pour désigner les païens.

Enfin, tout au long de son texte, on s’aperçoit qu’il ne peut remettre en cause le caractère ecclésiastique des prêtres : les hommes de Dieu sont des hommes de Dieu. Donc il lui est impossible de dire que les hommes de Dieu sont des pédophiles, et il est obligé de faire une pirouette argumentaire pour désigner des suppôts de Satan, donc des prêtres ou sacerdotes païens qui auraient infesté l’Église par le biais du recrutement en séminaire.

Ce faisant, par tous ces développements, le Pape porte gravement atteinte à la dignité des païens. Ceci étant renforcé par la comparaison qu’il fait entre les abus sexuels sur mineur et de supposés sacrifices d’enfants effectués lors de rites païens passés, ce qui constitue une accusation sans fondement et une comparaison infamante et diffamante pour les pratiquants de rites païens polythéistes aujourd’hui.

Ayant désigné de biens pratiques boucs-émissaires en la personne des païens, le Pape n’a alors semble-t-il plus besoin de prêter l’attention qu’ils mériteraient aux aspects psychologiques et sociétaux de manière générale, et structurels et dogmatiques quant à son institution en particulier.

« Il n’y a pas d’explications satisfaisantes pour ces abus sur des enfants. Humblement et courageusement, nous devons reconnaître que nous sommes devant le mystère du mal. » Derrière l’expression fataliste de ce constat, on sent bien que le Pape n’a aucune intention de chercher à comprendre les sources humaines, psychologiques et structurelles de ce phénomène, ce qui lui permettrait de prendre les vraies décisions courageuses au sein de sa communauté pour les combattre. À d’autres occasions dans son discours, il dénigre ainsi ce qu’il appelle les « explications empiriques » de « l’herméneutique positiviste ».

Le Pape met ainsi en avant l’importance de dépasser les explications scientifiques pour chercher des significations religieuses, soi-disant pour chercher des solutions, mais il n’en présente en réalité aucune véritable autre que des mesures de contrition a posteriori. Sa seule proposition (« humiliation, accusation de nous-mêmes, prière, pénitence ») est une proposition passive, de victime d’une source extérieure mystérieuse, qui se déclare incapable de résister et appelle au pardon plutôt que d’assumer activement la responsabilité de sa vie en prenant des mesures pour ne pas se laisser influencer et être maître de ses actes.

Enfin, une de ses ultimes propositions, le renforcement de la conversion, sous-entend à nouveau que le problème vient de l’extérieur, que ce sont les non-chrétiens et notamment les païens qui sont responsables de la situation. Aucune remise en question ne semble décidément envisageable…

L’apport des valeurs païennes au débat

Maintenant, je vous pose la question : et si plutôt que « d’assister et de protéger les plus vulnérables » comme le propose le Pape, nous nous efforcions de les rendre forts, courageux, autonomes et responsables ?

Selon les valeurs païennes, les décisions d’un chef d’institution religieuse réellement responsable devraient être dans ces circonstances :

Tout d’abord de regarder en face la réalité humaine des agissements ignobles des sacerdotes dont il est responsable, et d’en rechercher activement les causes, non dans des superstitions ou des concepts fumeux et vagues, mais dans la réalité psychologique et sociale grâce au regard et au concours de la Science.

D’en tirer ensuite les conclusions qui s’imposent sur les mesures concrètes à prendre.

Ceci non seulement par des décisions précises concernant les individus, et par la prévention de toute manifestation future de tels comportements par une sélection et un accompagnement adéquat des futurs sacerdotes, choses qui à défaut d’être réellement systématiquement mises en œuvre de manière pertinente par l’Église catholique, sont au moins évoquées dans le discours du Pape.

Mais également par la remise en question du fonctionnement, voire des valeurs de l’institution qui a permis que se manifestent en son sein de tels comportements totalement inacceptables. Ce qui implique bien sûr d’être en capacité de faire évoluer cette structure, et non d’être enfermé dans un dogme rigide, comme l’est par exemple celui du célibat et de la chasteté imposés aux prêtres. Pas un instant l’idée que cette norme puisse être impliquée dans l’émergence des comportements d’abus sexuels et de ce fait être remise en cause ne semble par exemple effleurer le Pape…

Et enfin, d’œuvrer à cette prévention au sein de l’ensemble de la population grâce à des programmes d’accompagnement, de sensibilisation à l’écoute et à la bienveillance qui permettent d’éradiquer ce problème de la violence envers les enfants à sa racine : dans l’accompagnement des générations futures vers l’entièreté et la mise en avant du respect de tous les êtres vivants comme une valeur fondamentale, au côté notamment du courage, de l’autonomie et de la responsabilité.

Car loin d’être une fatalité que l’on ne peut que subir et face à laquelle on ne peut mettre en place que des processus de réparation et de contrition a posteriori, ce fléau doit être envisagé comme le fruit d’un accompagnement inadéquat et défaillant des êtres que l’on peut donc tout à fait projeter de réduire significativement à terme par des mesures et des programmes concrets, bien loin du concept abstrait de « mal » bien pratique pour se dédouaner de toute responsabilité et de toute possibilité d’action préventive.

Agir plutôt que subir ; prévenir activement plutôt que réparer et s’humilier ; être responsable et capable d’évolution, plutôt que demander pardon sans changer notablement son fonctionnement, voilà comment nous, païens polythéistes, voyons la façon d’être dans le monde, quelles sont nos valeurs, nos pratiques et nos propositions face à ce problème.

Pour le respect de toutes les religions

Le respect de toutes les religions : communiqué commun du Conseil des Aînés et de l’Ordre Druidique de Dahut.

le respect de toutes les religions

Nous, organisations cultuelles païennes polythéistes, condamnons fermement l’antisémitisme, comme toutes formes de religiophobie et d’athéophobie.

Selon les valeurs du druidisme, les païens vivent une laïcité libérale et positive au jour le jour, afin de garantir un polythéisme actif, dont le vécu est personnel. Au nom de cela, il nous est impossible de juger qui que ce soit selon ses croyances ou l’appartenance à un peuple. Être polythéiste nous impose le respect de tous les cultes, qu’ils soient polythéistes, du Livre, ou encore l’absence de culte pour l’athéisme.

C’est pour cela qu’en tant qu’institutions polythéistes, nous appelons à l’apaisement, au respect et à la culture des différences. Ce respect passe par l’écoute et l’échange entre toutes les religions entre elles et avec les instances publiques laïques. Il doit se traduire par l’ouverture de chaque tradition aux autres traditions.

Que nous soyons druidisants, polythéistes d’autres traditions, chrétiens, juifs, musulmans… nous sommes tous des citoyens vivant dans une des rares Républiques qui affirme la liberté totale de croyance et laisse le choix et le luxe à chacun de vivre librement sa foi, sa croyance ou son athéisme.

Aussi, nous soutenons et allons dans le sens du rassemblement Républicain de ce jour, pour la lutte contre toute forme d’antisémitisme et, au-delà de l’antisémitisme, contre toute forme de privation des libertés de croyances et de consciences.

Pour le Conseil des Aînés
Belen Faouenn d’Ahès

Pour l’Ordre Druidique de Dahut,
Yavanna.

Pour aller plus loin :
Plus d’informations sur le positionnement de l’Ordre Druidique de Dahut dans son Manifeste sur la Laïcité et dans l’article de fond Laïcité : Informations et réflexions.

Souvenirs de l’éclipse de la première Pleine Lune de la Roue 5

Dans la froideur de la nuit, sacerdotes et invités ont été conviés à assister à la danse nocturne de Belenos et Belisama.

Autour des deux lanternes symboliques, explications et recueillement ont rassemblé hommes et femmes. Dans le même temps, le ciel dégagé a permis la jouissance de la vue de cette éclipse lunaire.

Spectacle inoubliable de la Lune qui de pleine peu à peu est devenue gibbeuse, puis croissant, et enfin qui a retrouvé sa plénitude, mais teintée d’un rouge sang qui par le passé a rempli les anciens d’effroi. Pour nous à qui la Science a apporté un regard de compréhension sur le jeu des astres et le fonctionnement de l’univers, l’effroi n’est plus de mise, mais la fascination demeure face à la merveille de cet évènement.

Après les prières d’usage, l’invocation de Belenos et Belisama par les cheminantes Ovates est montée haute et claire vers les astres qui constituent leur incarnation dans Notre Monde. Noms et Chants depuis l’Échine du Dragon, pour permettre l’accueil des divinités dans le cercle, et donner à chacun l’occasion de faire ses offrandes en présence des forces divines.

Puis les pas des hommes et des femmes ont martelé la terre autour des rochers, en écho avec la danse des astres dans les cieux.

Enfin, un moment de recueillement autour de la conscience en chacun de la Graine d’Or, incarnation de notre Être et origine de nos ressources propres et de notre autonomie a précédé les embrassades avant que chacun retourne en ses pénates, riche de souvenirs et d’expérience partagée.

Témoignage sur Omnia fin de Roue 4 – début de Roue 5

Préparatifs et fin de Roue 4

Longue descente depuis la Pleine Lune du Chaudron, sous le signe de l’eau. L’influence de cette grande fête sacerdotale se fit sentir très tôt, et se présenta à nouveau sous un nouvel aspect, imprégné d’émotions et de froid. Vitalité d’une Tradition sans cesse renouvelée, par l’écoute et l’absence de présupposés…

L’if accueillit les cheminantes ovates sous sa frondaison protectrice : enseignements, constats et hommages rendus aux Dieux et aux Déesses, dans la simplicité d’un moment dépourvu d’attentes mais riche de complicité.

Temps Hors du Temps

Les bougies omniales se firent discrètes en cet Omnia de l’eau, et chacun dû traverser le Temps hors du Temps sans le secours de leur chaude lumière, avec pour seul repère la lueur intime de sa graine d’or personnelle.

Enfin vint la cérémonie principale, qui libéra la tension accumulée : invocation du noble Maître du Temps, émotions confiées à l’obscurité complice, murmures honorant la mémoire des ancêtres, et l’appel vibrant d’Ael depuis les profondeurs d’Ys pour accueillir sur le Tertre l’énergie venue du cœur du pagus et enfin l’effondrement des Portes qui permit dans un temps suspendu la fusion des mondes et la palpable immixtion d’un espace dans l’autre…

Puis dans la nuit enfin tombée sur la frondaison des arbres, sur l’appel du sacerdote en charge, arriva dans le cercle la présence massive de la très noble Ahes, dont c’était la Fête au cœur d’Omnia. Chacun vint à sa rencontre, porter son offrande et honorer cette Aînée Maîtresse des Arts magiques en relation avec l’Autre Monde.
Alors seulement le Feu d’Ahes pour la Nouvelle Roue vint éloigner la force de l’Eau noire qui jusque-là engluait les Êtres, et le spectre de la Glace Noire s’éloigna alors même que dans le Chaudron Keriwena et Dahut transformaient pour les Êtres les dépôts de la Roue passée.

Début de la Roue 5

Dans les premières lueurs de l’aube, les sacerdotes se réunirent dans le bois pour fêter le début de cette nouvelle Roue par un feu splendide dédié à Belenos, dont les premiers rayons marquent le retour du Temps pour les Êtres.

Et le feu de Bel se transforma en feu sacrificiel d’Aesus, signifiant par là la coloration du cycle à venir…

Crépuscules lumineux, Pleine Lune Noire, Eau noire produisant le Feu, la confusion fut au cœur de cet Omnia étrange…
Rendez-vous dans une Roue pour découvrir encore un autre visage de cette fête si complexe…

Retour sur le second Solstice d’Hiver de la Roue 4

Préparatifs dans le cœur de la Saison Sombre

Alors que la luminosité décroissait et que l’on plongeait vers le cœur de la Saison Sombre, voici que l’on a décoré les arbres toujours verts du jardin et préparé bougies, guirlandes et bûches décorées pour illuminer la maison.


La tradition de la bûche décorée renvoie à la solidarité entre les hommes durant les temps froids de la Saison Sombre, comme nous l’expliquions dans l’article sur les symboles liés au Solstice d’Hiver.

Hommage à Belenos

Le jour venu du Solstice lui-même, sacerdotes et invités se sont retrouvés après le coucher du soleil dans le couvert intime des bois de Neved pour célébrer cet acmée de la Saison Sombre.

Premiers élans du feu avant que l’eau noire d’Omnia ne fasse sentir son influence…

Le jeu des rythmes de la Lune et du Soleil veut que cette Roue le Solstice d’Hiver se trouve au milieu de la descente vers la grande fête sacerdotale d’Omnia. Et qui plus est d’un Omnia sous le signe de l’eau. Aussi cette célébration fut marquée par le poids de cette forte présence de l’eau noire d’Omnia : le feu des hommes au cœur de la nuit, d’ordinaire vif et haut et clair en l’honneur de Belenos, fut fugace et passager, juste le temps d’envoyer les offrandes vers la divinité.

Cultiver le feu intérieur pour en rayonner vers le monde

Cependant Belenos malgré tout bien présent saisit l’occasion de ce rendez-vous avec la fraîche obscurité du cœur de la Saison Sombre pour initier un temps de partage, de méditation et d’attention au feu intérieur qui brille en nous : la graine d’or inaltérable de l’Être. Il rappela que quand bien même le feu physique fait défaut, les êtres peuvent faire appel et rayonner de cette chaleur intérieure, ressource accessible à tous et qu’il nous revient de cultiver et de rayonner vers les autres et le monde….

Seules les bougies de la bûche décorée ont soutenu le temps de la méditation…

Enfin le partage du fruit sucré de saison permit à chacun d’incarner cette recommandation dans l’expérience concrète, et marqua la transition avec le moment profane convivial qui suivit.

Rendez-vous

Par ailleurs, Belenos donna rendez-vous au premier lever de soleil de la Roue, après la cérémonie principale d’Omnia, à ceux qui le souhaitaient pour venir faire enfin brûler pleinement et librement le feu bridé du Solstice, et libérer l’énergie contenue pour nourrir la nouvelle Roue.

Préparer et vivre le Solstice d’Hiver : quelques symboles et coutumes païens

Alors que s’approchent le Solstice d’Hiver et ses célébrations, tant sacrées que profanes, il est intéressant de considérer quelques symboles forts qui ont été récupérés, et ont vu leur sens profond déformé, par la communauté chrétienne d’abord, et la société de consommation ensuite…

Ces symboles viendront nourrir avec profit la préparation de tous les aspects profanes des cérémonies.

Les lumières et bougies

solstice d'hiver et lumière de bougie

Ce sont les symboles les plus évidents de l’hommage rendu à la lumière de Belenos qui persiste au cœur de l’hiver malgré le raccourcissement des jours.

Les bougies de cire d’abeille, avec leur belle couleur jaune et leur odeur parfumée, sont bien sûr les complices de cette période les plus agréables pour les sens. Mais les bougies plus classiques, grandes et petites, et les sources plus modernes de lumière, comme les guirlandes lumineuses, sont tout aussi à même de participer à l’esprit du Solstice.

Voici un exemple de pratique symbolique à mettre en œuvre dans les foyers la nuit du Solstice d’Hiver, simple et basée sur le sens profond de ce moment fort de l’année solaire. Il ne s’agit pas ici d’invoquer la divinité, ce qui relève de la responsabilité des sacerdotes au sein des cercles sacrés, mais bien d’une pratique familiale relevant du « religieux profane » et venant nourrir la vie de la communauté en marge des cérémonies sacrées.

Prévoir une bougie pour chaque membre de la maisonnée, et une pour Belenos. Au coucher du soleil, saluer le dernier regard de Belenos avant la nuit la plus longue, et allumer la bougie qui lui est dédiée. La disposer dans un endroit « caché », d’où on ne puisse pas voir sa luminosité. Cela peut être par exemple au sein d’un autel dédié exprès à pour Belenos à l’occasion du Solstice. Puis, une fois la nuit bien noire, éteindre toutes les sources de lumière (y compris le feu du foyer), méditer ensemble sur cette apogée de la saison sombre, accueillir l’obscurité nécessaire, douce et bienveillante. Et au bout d’un moment, au sein de cette nuit profonde, aller chercher et découvrir la lueur de Belenos, révéler à tous comment elle demeure vivace au cœur de l’hiver, bien qu’affaiblie, amoindrie. Prendre le temps de la chercher en soi, en son propre cœur, prendre conscience de la « graine d’or » qui demeure toujours, inaltérable, au fond du chaudron sombre de l’hiver. Honorer Belenos, le remercier pour ce présent et faire offrande, avec simplicité et humilité. Et enfin, grâce à cette lueur chaude et vive, rallumer d’abord le feu du foyer, puis la bougie de chaque membre de la maisonnée, bougie qu’il pourra garder à ses côtés tout au long de la soirée de fête, pour éclairer la table, puis pour illuminer doucement la maison jusqu’au lever de Belenos. Il sera alors temps d’honorer à nouveau la glorieuse radiance de cet Aîné, qui va désormais aller grandissant jusqu’au Solstice d’Été.

La célébration de l’arbre toujours vert

solstice d'hiver - houx

 

Symboles d’espoir de la végétation qui demeure vivace alors même que les autres végétaux perdent leurs feuilles, les arbres à feuillage persistant (tels que sapins, pins, houx, ifs…) ont à ce titre une place particulière dans la décoration et les pratiques profanes du Solstice d’Hiver.
Néanmoins, le respect dû à ces êtres comme à tous les autres fait qu’il n’est pas juste de les couper pour le simple plaisir de décorer nos intérieurs.
Si l’on souhaite les honorer pour l’espoir que leur feuillage vert nous inspire, le mieux est d’aller leur rendre visite et les décorer dans leur milieu naturel (avec des éléments biodégradables et non durables, bien sûr). Si l’on veut en avoir un près de son foyer, le mieux est alors de le planter dans son jardin (dans ce cas on peut utiliser des décorations classiques).
Par ailleurs, en remplacement ou en complément de ce qui vient d’être évoqué, si l’on souhaite associer ce symbole à l’embellissement de son foyer à cette période, le plus juste est d’utiliser un substitut artificiel (même si cela part d’une bonne intention, les résineux en pot ne survivent pas en général à plusieurs semaines dans un environnement chauffé en intérieur). Dans ce domaine, il existe une très grande variété de produits dans le commerce, qui ont l’avantage d’être durables et réutilisables si l’on en prend soin, ou de projets à mettre en œuvre (feuilles de houx en feutre sur la table, sapin en carton…).

La bûche

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Le bois que l’on partage avec ceux qui en manquent pour nourrir le feu de leur foyer au cœur de l’hiver est un symbole fort de solidarité : chaleur et lumière en devenir offerts avec générosité, d’abord par les êtres végétaux désincarnés, ensuite par les membres de la communauté qui en ont fait provision.

Il est bon de se souvenir de ce sens premier du symbolisme de la bûche du Solstice d’Hiver lorsque l’on prépare un dessert qui en a la forme ou que l’on décore de vraies bûches ou branches pour orner la table, offrir à ses proches, ou encore placer autour du feu communautaire ou amener en offrande à Belenos lors de la célébration sacrée menée par les sacerdotes.

Respect du monde végétal

De manière générale, il est bon de se rappeler que prélever des éléments végétaux sur les plantes vives doit se faire avec parcimonie et en conscience : la coupe des extrémités des branches ou des fleurs ne mettra pas en danger la vie de la plante, mais ne dispense pas d’une demande respectueuse et de remerciements sincères. Dans l’absolu, si l’on souhaite enrichir d’éléments naturels la décoration de son foyer, il est plus juste de s’en tenir aux feuilles, branches et fruits naturellement tombés à terre, ou alors de solliciter l’approbation des Aînés maîtres du monde végétal : Aesus et Airmid, par l’intermédiaire des sacerdotes (Ovates ou Prêtres).

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Chaudron de Dahut ~ Roue 4

Lors de la dernière Pleine Lune, dans le pagus d’AelYs, a eu lieu la Cérémonie du Chaudron, qui marque le début des préparatifs en vue d’Omnia.

Jusqu’à Omnia, Yavanna, prêtresse de Dahut, est prête à accueillir tous ceux qui en formuleront la demande pour recueillir (en entretien privé) dans le Chaudron ce qui doit être abandonné ou transformé.

Le contenu du Chaudron sera « digéré » durant le rituel principal des célébrations d’Omnia par Dahut et Keriwena (Cerridwen), afin que chacun puisse entamer la nouvelle Roue allégé et renouvelé. Ce processus de tansformation est un des grands présents de ces Déesses, Maîtresses du Chaudron.

Ahès, troisième Dame du Chaudron, ne participe pas à ce processus de digestion, mais se tient pour sa part au fond du Chaudron et tend à tous le miroir de la connaissance profonde de soi. À chacun de s’y confronter avec courage pour voir s’y réfléchir ce qu’il sera judicieux de déposer dans le Chaudron…

Merci de bien vouloir utiliser le formulaire de contact pour toute demande de rendez-vous.

Atelier de méditation druidique « Au pied de l’Arbre de Lumière »

Sceau Prêtrise de Dahut

La Prêtrise de Dahut propose à ceux qui le souhaitent de partager un moment de méditation druidique, de reconnexion à soi et à ses ressources intérieures.
Après un moment de présentation et de recentrage auprès de l’eau d’une source ou d’une fontaine, nous cheminerons ensemble vers un lieu propice à cette méditation.
La Prêtresse de Dahut appellera alors l’essence de l’Arbre de Lumière depuis le cœur d’AelYs, et sous son ombre protectrice chacun sera guidé dans l’exploration de ce qu’il a à nous apprendre sur la présence à soi et la reliance avec les autres êtres.

méditation druidique arbre de lumière
Après chaque séance, par définition unique, puisque fonction du moment, du lieu et des personnes présentes, un temps de discussion sera ménagé, pour pouvoir partager ses ressentis ou répondre aux questions qui surviendraient.

Cet atelier de méditation druidique est susceptible d’avoir lieu dans différents endroits autour de Locronan et de la plaine du Porzay (Finistère). Le choix du lieu est fait deux à trois jours avant, selon le temps prévu et le ressenti de l’organisatrice.

Prochaine date proposée : dimanche 24 mars à partir de 16 h

Tarif : 10 euros
Versés à l’association Arantelle, pour le soutien aux activités de l’Ordre Druidique de Dahut.
Merci de prévoir de l’argent liquide ou un chèque à l’ordre de « Arantelle » pour le paiement sur place.

Précisions pratiques :
Prévoyez des vêtements confortables, adaptés au temps, et au fait de demeurer immobile durant une partie de l’atelier (attention au froid en cette saison sombre !).
Prévoyez un coussin ou autre support pour être à l’aise si vous souhaitez vous asseoir sur le sol. Ceci n’est pas obligatoire, mais vous pouvez en ressentir le besoin selon les moments.
Dans la mesure où il se déroule en extérieur, l’atelier peut être annulé si les conditions météorologiques sont défavorables.

Participation ouverte à toute personne se présentant en paix et avec respect.
Merci cependant de bien vouloir vous inscrire au préalable à l’adresse mail yavanna@druidisme.fr. Le lieu de rendez-vous vous sera communiqué en retour, et vous serez prévenus d’une annulation éventuelle en raison des conditions météorologiques ou d’un trop faible nombre de participants (au plus tard 24h à l’avance).

Retour sur Lughia de la Roue 4

Lughia est la fête de l’état de mort et donc de la Culture.
Après l’hommage solennel à Talantia, Gardienne des Équilibres, les personnes au sein du cercle pratiquants des arts et des techniques se regroupent pour faire vibrer l’Appel à Lugh des Artisans. Prière fervente, communion. Puis voici que le jeune Dieu à la lance de lumière s’exprime et fait l’honneur de sa présence.

L’esprit de Lugh inspire les Arts et Techniques aux artistes comme aux artisans. Ceux-ci présentent leurs outils fétiches au Dieu lors de la cérémonie…

On voit différents outils des Artisans qui se sont retrouvés pour fêter Lughia : pelote de laine filée main, tricotin, pierre peinte, ciseaux à bois, tournevis électrique, plumes à dessin...
Variété des outils et des artisanats : pelote de laine filée main, tricotin crochet et tricot des amoureuses du fil, pierre peinte, ciseaux à bois et plumes à dessin de l’artiste qui aime laisser sa trace, tournevis testeur de l’électricien… Et pour synthétiser l’esprit du jour : le symbole de Lugh sur fond rouge de la Voie des Gardiens.

De la reliance de ce temps sacré de Lughia, un message ressort clairement : Lugh et Talantia, main dans la main, s’associent pour rappeler que l’épanouissement de la Culture peut se faire en harmonie avec le respect de la Nature. Il ne s’agit pas tant de stigmatiser ou ignorer les avancées de la Science et des Techniques que d’user avec sagesse des avancées qu’elles permettent… Sur ce chemin, l’entièreté et la juste mise en œuvre du libre-arbitre sont les clefs pour l’avenir.

Enfin l’esprit de la Voie Rouge est honoré par les pensées et paroles ferventes des participants tournés vers la fougueuse Morrigan : l’espoir demeure, bientôt assurément viendra son heure…

En lire plus sur la fête de l’état de mort.

Retour sur l’entrée dans la Saison Sombre de la Roue 4

Au portes de la Saison Sombre : l’Équinoxe d’Automne. La journée de cette célébration saisonnière fut une période humide et douce, brumeuse, effectuée en petit comité, avec des invités venus de tous horizons. Les lieux ont vibré au rythme d’une délicate célébration du feu céleste de notre étoile. Retour sur cette cérémonie de la Roue 4 avec des photos inédites de la photographe Sandrine Cardon, venue faire un reportage pour l’occasion. Par Yavanna.

Saison sombre : nous voyons 4 personnes dont un sacerdote dans les bois en cercle autour d'un foyer dont le feu n'est pas encore allumé.
Photo de Sandrine Cardon, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Au cœur des bois de Neved, hommes et femmes se retrouvent pour célébrer le passage vers la saison sombre.
Fraicheur des bois et brume inspiratrice transportent l’esprit de chacun vers la paix nécessaire à l’introspection en ces temps de bilans.
L’équilibre de ce temps suspendu trouve son écho dans le recueillement qui marque l’ouverture de la cérémonie.

 

Saison sombre : à gauche une photo où nous voyons un barde, prêtre de l'Ordre, en train d'évoquer devant le feu Belenos, Maître des étoiles. A droite une autre photo montre la Prêtresse du Cornu alimentant le feu de Neved, Tanna, avec du sel.
Photo de Sandrine Cardon, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Voici que s’ouvre le cœur du rituel : Hommage à Belenos, Maïtre des Étoiles.
Le chant du Barde résonnant dans les bois évoque le Dieu solaire,
L’esprit de l’Ovate se tend vers le lumineux Bel et l’invoque dans le cercle sacré,
La Prêtresse du Cornu honore l’Aîné resplendissant par une offrande dans le feu.

 

Saison sombre : on voit deux personnes en fin de cérémonie druidique en train de se faire une embrassade de remerciements.
Photo de Sandrine Cardon, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Comme de coutume, la célébration qui marque l’entrée en saison sombre se clôt par les Vœux sacrés et les embrassades nourries de la joie de la reliance.