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Le Solstice d’été de la Roue 5

Le Solstice d’été est une fête saisonnière dédiée à l’Aîné Maître du Soleil et des Étoiles : Belenos. En Neved, l’ODD s’est rassemblé avec ses invités et fidèles pour honorer cette divinité autour d’un feu digne de cette cérémonie le soir du 21 juin 2019. Par Taliesin.

On voit une clairière avec au centre un feu généreux, deux ovates qui officient et des invités qui assistent à la cérémonie du solstice d'été pour célébrer Belenos.

Dans les bois du pays de Neved, le mât du Solstice d’été a été planté et ses rubans dansent au gré d’une brise légère. Un cercle s’est formé, au centre concentré par un feu qui danse et se dresse pour que puisse être célébré le grand Belenos en ce jour de lumière le plus long ! Très vite le soleil ne tarde pas à darder ses rayons à travers les frondaisons des chênes et des hêtres recouverts d’une douce mousse. Voix en prières résonnent dans le monde vert. Une profonde méditation du cœur solaire est guidée par l’Ovate en service. Le nom de l’Aîné rayonnant résonne en écho dans les bois de Neved quand surgit l’invocation…

solstice d'été : on voit l'ovate accrocher un ruban sur la couronne du mât de Belenos. Le soleil illumine les frondaisons des arbres des bois de Neved et darde de beaux rayons en étoile.

Puis a lieu la consécration d’une cordelette et les offrandes dans le feu sacrificiel en présence de Belenos invoqué par les Ovates en service. Ensuite, alors que résonne la lyre mélancolique du Barde, on procède à l’attachement des rubans sur la couronne du mât par les invités et Yavanna.

solstice d'été : on voit une personne accrocher un ruban sur la couronne solaire du mât de Belenos

Enfin, près du feu et de son rayonnement nourricier, avant dissolution du cercle, recueillement, silence et derniers instants d’honneur à Belenos sont partagés ensemble.

Chaque crépitement du feu est ainsi un battement de cœur, une conscience posée sur soi en ses profondeurs, lieu du contact avec son soleil intime.

solstice d'été

Prochaines célébrations : honneurs à la douce Mélia et la fête de l’Incarnation : Dagdia.

Au plaisir de vous y rencontrer et de vous y retrouver !

Fête de Dahut Roue 5

La Fête de Dahut a lieu lors de la Pleine Lune la plus proche du Solstice d’Été. C’est ainsi l’occasion de rendre hommage à la Déesse Souveraine Dahut, mais également ce jour-là à Belisama, déesse Aînée Maîtresse des Lunes, qui marque de son cycle le rythme des célébrations. En AelYs, l’ODD s’est rassemblé avec ses invités et fidèles pour honorer ces divinités sur les hauteurs face à la Baie d’Ys. Par Yavanna.

La mer était calme et le temps clément pour la première fois depuis plusieurs semaines, comme un clin d’œil des cieux à la Déesse Souveraine et un soutien pour les hommes et femmes réunis ce matin-là.

Les hommages à Belisama ouvrirent la cérémonie, et la fumée des offrandes placées dans le feu de la vasque monta vers le ciel où Belenos le Rayonnant les renvoya vers sa bien-aimée Œil du ciel. Résonance et complémentarité subtile, expérimentation d’une nouvelle forme de ce phénomène de réflexion et danse d’attraction des deux « luminaires »…

Puis vint le cœur de la cérémonie : l’invocation de Dahut et de l’Arbre de Lumière, dans la simplicité des mots justes et sous le regard bienveillant et attentif des Êtres comme des Gardiennes du lieu…


Enfin, après l’appel de la Prêtresse de Dahut tournée vers l’astre solaire, vinrent des instants de reliance sous l’éclat de Belenos qui fit descendre sur les eaux mêlés son amour glorieux. Alors put avoir lieu la Bénédiction des personnes présentes par l’Eau des Étoiles.


Puis vint le temps de remercier les présences visibles et invisibles, refermer le cercle et revenir à la vie profane, avec ses contraintes et ses richesses, cultivant toujours le courage cher aux païens !

 

 

Bénédiction des talismans par Brigantia – Brigia Roue 5

La bénédiction des Talismans, les fameuses croix de Brigantia, est un moment fort de la cérémonie druidique de Brigia. Brigia, fête de la Vie et des Bardes, est aussi dédiée à Brigantia, Déesse gardienne de la Puissance Créatrice qui œuvre durant la cérémonie pour faire ce cadeau aux invités. Retour sur cette célébration de la Roue 5, sur la confection des croix de Brigantia et leur bénédiction par la Déesse. Par Yavanna.

Cueillette des joncs

On voit à gauche des brins de joncs et de la mousse. A droite une photo avec un panier rempli de brins de jonc, près d'une source d'eau. Ces joncs ont servi à faire les croix de Brigit et permis la bénédiction des talismans
Photos de Yavanna, soumise à droits d’auteur.

Le matériau le plus adapté pour la confection des croix de Brigantia est le jonc frais. Souple et pouvant se plier sans se casser, d’un beau vert brillant, la tige de cette plante est idéale. Par ailleurs, hasard qui n’en est pas un, on la trouve notamment dans les zones humides et/ou marécageuses proches des sources, dont le nettoyage est une autre des activités préparatoires à la fête de Brigia…
Comme pour tout végétal, et tout particulièrement dans la mesure où il va servir à la confection d’un talisman, il est important de cueillir cette plante en conscience, avec respect et attention. Pas question d’arriver en force et couper des touffes entières « pour aller vite ».
Ainsi la veille de Brigia, les cheminantes Ovates sont allés dans le marais près d’une source vive. Après avoir dégagée la source des feuilles mortes qui l’encombraient, elles ont sollicité l’inspiration de la Déesse Airmid, Maîtresse des Bourgeons.
Puis elles ont entrepris une cueillette en conscience : se mettre à l’écoute pour sentir quelles plantes sont prêtes à sacrifier une partie d’elle-même, couper soigneusement les brins un à un, en ne prélevant jamais plus de la moitié d’une touffe, et bien sûr être totalement présent à ce que l’on fait, et remercier.
Au final, la cueillette d’environ 220 brins pour une dizaine de croix a pris plus d’une heure d’évolution précautionneuse dans le marais, de reliance et d’échange intime avec le monde végétal, et leur passage n’a presque pas laissé de traces.

Confection des croix

On voit deux mains qui font un noeud pour attacher une branche de croix de Brigantia posée sur une table.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Le matin de la cérémonie eut lieu l’atelier collectif qui permet à chacun de fabriquer sa propre croix. Beaucoup de joie et de détente dans ce moment où les habitués montrent les gestes simples aux nouveaux venus !

Et voilà le résultat !

Il y a deux croix de Brigit / Brigantia posées sur un tapis de mousse au coeur de la forêt.
Photo d’Isabelle Allain, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Et comme toujours la satisfaction de chacun d’avoir pu créer de ses mains. Une première façon de se relier à la Puissance Créatrice dont Brigantia est la gardienne…

Cérémonie de Brigia

Après les prières d’ouverture, voici venir le temps des préparatifs pour la bénédiction des talismans :

Il y a un barde accroupi devant le feu et l'eau de la déesse Brigantia qui prépare l'instant de bénédiction des talismans. Les rayons du soleil traversant les bois dessinent sur le seul les rayons de l'Awen. Autour du barde les invités et deux sacerdotes en cercle regardent la scène.
Photo d’Isabelle Allain, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Eau et feu activés par la Déesse Brigantia.

On voit dans la forêt un barde accroupi devant le feu et l'eau qui exécute, par Brigantia, la bénédiction des talismans. Une ovate se tient debout devant lui, bras tendus vers la scène.
Photo d’Isabelle Allain, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la photographe.

Barde et Ovate œuvrent de concert, tous deux simples vecteurs du sacré issu de Brigantia.

Le barde tend une croix de Brigantia à l'ovate. Scène de la bénédiction des talismans.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Chacun amène tour à tour sa croix de joncs, qui de simple objet profane devient talisman une fois bénie grâce au feu et à l’eau de Brigantia.

Il y a la prêtresse du Cornu qui tend ses croix de Brigit au barde qui se laisse oeuvrer par Brigantia pour la bénédiction des talismans.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

L’eau et le feu mêlés révèlent la brume inspiratrice…

On voit le barde Taliesin souffler sur les braises de son encensoir avant de commencer la bénédiction des Talismans.
Photo d’Isabelle Allain, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation de la  photographe.

Puis vient le temps de la purification des êtres présents qui le souhaitent.
L’Ovate au cœur de l’espace sacré reçoit et transmet au Barde qui circule dans le cercle et œuvre…

Bénédiction des talismans : Brigantia purifie par l'eau et le feu les personnes qui le souhaitent.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Enfin vient le moment de clore la cérémonie par les Vœux sacrés, à chaque fois renouvelés…

On voit les membres de l'ODD en cercle clamer les voeux sacrés.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Usage des talismans

Les anciennes croix ont été brûlées au début de la cérémonie, les nouvelles sont maintenant consacrées !
Ces talismans, renouvelés lors de chaque Brigia, ont une action ciblée et précise : ils protègent les foyers contre l’intrusion de désincarnés malintentionnés.
Nous conseillons de les placer à des endroits symboliquement stratégiques, qui ont du sens par rapport à son action magique : au-dessus de la porte d’entrée, sur l’autel familial…

Incendies de lieux de culte à Paris et Jérusalem : soutien aux fidèles bouleversés

Lieux de culte incendiés ces derniers jours : l’ODD souhaite réagir à propos de ces tristes événements. Voici son communiqué :

Lieux de culte incendiés comme ici sur cette photo Notre Dame de Paris
L’Ordre Druidique de Dahut souhaite exprimer toute sa compassion envers les membres d’autres communautés religieuses bouleversés hier par des incendies sur des lieux de cultes importants.

Que ce soit à Paris avec l’incendie qui a ravagé la charpente de la cathédrale Notre-Dame, ou à Jérusalem avec celui, de moindre ampleur, qui s’est déclaré sur l’esplanade des Mosquées, les communautés monothéistes ont été durement touchées dans des lieux à forte portée symbolique.

En tant qu’institution religieuse, nous témoignons notre profonde sympathie envers les fidèles qui se trouvent ainsi privé de l’accès à un espace de recueillement et de prière.

Nous ne sommes que trop conscients de ce qu’ils peuvent ressentir, comme tout croyant qui se voit dépossédé de la possibilité de se rendre librement sur un lieu sacré.

Fêtes du Panthéon de la Vie et Équinoxe de Printemps de la Roue 5

Les fêtes du Panthéon de la Vie sont toujours des moments exaltants et intenses. Il y a quelques jours eut lieu une conjonction particulièrement féconde pour tous les êtres : la Pleine Lune qui marque la fête du Maître des Animaux, Kernunos, était la même que celle de la fête d’Airmid, Maîtresse du Monde Végétal, et tout cela en même temps que la fête de Belenos de l’Équinoxe de Printemps qui marque le passage de la Saison Sombre à la Saison Claire. Le moment idéal pour semer les graines d’un renouveau, qu’il soit physique, de projet, et bien sûr spirituel… Par Yavanna.

Fête d’Airmid

Pour ouvrir ce temps d’hommages et d’offrandes, sacerdotes et invités se sont rendus dans une nouvelle clairière polythéiste sur le Tertre pour honorer Airmid, Maîtresse des Bourgeons, celle qui initie cette force germinatrice de la vie qui explose, des cellules qui se multiplient et créent de nouvelles formes : feuilles, fleurs, branches de l’année, tiges souples et pollens dans le souffle du vent printanier…

Marche lente au rythme du Monde Vert, offrandes d’eau de source, de graines remises à la terre, émotions et paroles chargées de sens…

Fête du Kornu

Puis vint le temps de se rendre dans l’Antre de Kernunos, pour honorer le Maître des Animaux et des Instincts.

Fêtes du Panthéon de la Vie : celle du Cornu/Kernunos avec le prêtre devant le feu entouré de la prêtresse, des ovates et d'un fidèle/
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Laisser à la porte du lieu les artefacts de la culture, se rassembler autour de feu, sentir pulser en soi les battements puissants du réveil de la Vie, et les faire résonner de ses pieds nus sur la terre brune, et offrir enfin au Prêtre alcool et vibrations du chant qui vient du fond des tripes…

Équinoxe de Printemps

Après une pause bien méritée et l’accueil de nouveaux invités, nous voici de retour sur le haut du Tertre, pour rendre hommage à Belenos, Maître des Étoiles, en ce temps d’équilibre et de passage d’une saison à l’autre.

Invocation en duo de l’Aîné rayonnant…

Fêtes du Panthéon de la Vie : équinoxe de Printemps
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

… Soin du feu qui finalement dansera grâce à l’énergie des agrumes séchés souvenir du sacrifice des végétaux durant la Saison Sombre :

Fêtes du Panthéon de la Vie : feu de la vie, feu de Belenos
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

… Et enfin le cri des êtres vers le soleil pour s’engager pleinement dans la vitalité de la Saison Claire.

Fêtes du Panthéon de la Vie : on voit la prêtresse du Cornu crier le nom de Belenos.
Photo de Jonathan Konitz, soumise à droits d’auteur. Avec l’aimable autorisation du photographe.

Pleine Lune

Enfin, dans l’intimité du foyer de Belisama, chacun put remercier et faire offrandes à la Maîtresse des Lunes et des Cycles, l’Œil du ciel dont la danse contribue à fixer les temps pour les célébrations sacrées.

 

Diffamation du Pape envers les païens

Diffamation du pape envers les païens : à l’heure où le Trésorier du Vatican est condamné pour pédophilie, voici le communiqué de l’Ordre Druidique de Dahut à ce propos et en réponse au bulletin papal du 24 février 2019. Écrit par la dirigeante de l’ODD avec le soutien des sacerdotes de l’Ordre.

Diffamation du pape envers les païens

Moi, Yavanna, dirigeante de l’Ordre Druidique de Dahut, souhaite réagir aux propos du Pape dans son bulletin du 24 février 2019, pour dénoncer son discours déresponsabilisant au regard des abus sexuels sur mineurs de la part des sacerdotes chrétiens catholiques et diffamatoire envers les païens, présentés comme responsables de manière directe ou indirecte de ces agissements.

Déresponsabilisation de l’Église catholique

En effet, le bulletin papal montre en premier lieu le manque flagrant de bonne foi de l’Église catholique qui n’assume nullement sa responsabilité dans le comportement des sacerdotes qui la composent.

Le Pape développe le fait que les abus sexuels, et les violences en général, sur mineurs, sont des actes extrêmement répandus, anciens, et qui touchent toutes les cultures et les strates de toutes les sociétés, avec l’idée sous-jacente que ce fléau est tellement ancré que l’on ne peut pas réellement l’éradiquer, et qu’il est presque quasiment normal, constitutif des sociétés humaines.

Il met également en avant l’entourage proche des enfants, notamment familial, comme source première des abus. L’adjectif « ecclésial » n’est mentionné dans cette partie du texte que de manière anecdotique.

De la même manière, il met l’accent sur différents éléments sociétaux contextuels qui sont autant de causes directes ou indirectes des abus, notamment la pornographie et sa diffusion accélérée par les moyens et les réseaux modernes de communication ainsi que le tourisme sexuel.

Et en comparaison avec cette masse de sources et de causes autres, il évoque seulement à la fin de son discours les « quelques de leurs confrères » qui discréditent l’ensemble des prêtres catholiques.

L’objectif est là clairement de minimiser les cas d’abus sexuels sur mineurs dans le clergé catholique et de les noyer dans la masse d’un fait de société présenté comme quasi-universel.

Le Pape se targue que l’institution dont il est responsable soit représentative d’« une autorité morale » et possède une « éthique », et pourtant l’universalité du phénomène des abus sexuels sur mineurs semble justifier dans la suite logique de son discours que l’on en trouve également au sein de cette institution religieuse. Ce fait est présenté comme une fatalité que l’on peut uniquement constater et éventuellement réparer. Il présente ainsi par ailleurs l’Église comme « victime » des sacerdotes qui abusent des enfants, montrés comme faisant preuve d’« infidélité ».

Il semble pourtant évident que l’ambition de suivre et de former ses sacerdotes pour qu’ils fassent preuve de l’exemplarité qu’on est en droit d’attendre d’eux devrait être un enjeu majeur, un objectif depuis longtemps atteint et maintenu.

Et quand le Pape reconnaît enfin une part de responsabilité dans la situation, c’est en déclarant : « La sainte crainte de Dieu nous porte à nous accuser nous-mêmes – comme personne et comme institution – et à réparer nos manquements. » Il est tout à fait ahurissant de voir que, de son aveu même, c’est avant tout la peur d’un châtiment divin qui l’a poussé à cette reconnaissance un peu forcée, et non la capacité à assumer de manière autonome les conséquences de ses actes et de ses décisions.

De toute façon, d’après le Pape, « ce phénomène criminel […] n’est aujourd’hui que la manifestation actuelle de l’esprit du mal » et « Il n’y a pas d’explications satisfaisantes pour ces abus sur des enfants. Humblement et courageusement, nous devons reconnaître que nous sommes devant le mystère du mal. » Il n’y a aucun courage dans ce constat défaitiste, et aucune remise en question. L’origine des abus sexuels ne semble pouvoir se trouver qu’à l’extérieur de l’Église et même de l’humanité en général, et venir d’une source qui ne peut relever d’aucune décision humaine, sociale ou politique, mais uniquement d’un combat religieux : il s’agit d’une force mystérieuse, délibérément floue et quasiment superstitieuse, le Mal.

De ce fait, le Pape se dégage de toute responsabilité quant aux actes des personnes de la communauté sacerdotale dont il a la charge dans un comportement d’une grande lâcheté.

Diffamation des païens, boucs-émissaires désignés

« En réalité, nous ne devons pas tomber dans le piège d’accuser les autres, ce qui est un pas vers le prétexte qui nous sépare de la réalité. » C’est pourtant bien ce que fait le Pape par la présentation indirecte des païens tout au long du discours comme la source ou les agents de ce fameux « mal » qui viendrait de l’extérieur contaminer les malheureux hommes d’Église.

Le Pape cite ainsi l’épisode d’Hérode, qui évoque un roi juif qui tue les enfants de moins de 2 ans à Bethléem. Hérode fut mis roi sur ordre de Rome, donc mis en place par des païens. Ce qui en fait un exemple qui vise les païens. Or les théologiens reconnaissent que ce mythe est une réflexion de Mathieu à propos des enfants juifs noyés par Ramsès – pharaon, donc païen. Il s’agit ici de réaffirmer le côté prophète de Jésus. Comme Moïse, Jésus est un rescapé d’un infanticide. Ce procédé est un procédé récurant dans la Bible et le Nouveau Testament pour ancrer le caractère miraculeux de l’enfance des prophètes. On est donc bien dans du mythe et du légendaire, où le païen condamne, encore, le peuple de Dieu. Il est ainsi regrettable que le Pape mentionne cet exemple antipaïen non fondé, dont il est impossible de démontrer la véracité des faits.

Par ailleurs, Satan est nommé plusieurs fois comme incarnation du « Mal ». Or le satanisme est l’ensemble des cultes « en opposition » (Satan est un verbe hébraïque voulant dire « être en opposition/un adversaire ») à ceux du Livre (la Bible). Il s’agit donc ici de viser directement les paganismes qui est en ce sens un synonyme : le Pape nomme directement les païens comme responsables directs de la pédophilie. Chose réappuyée avec le terme de « loups avides » pour désigner les païens.

Enfin, tout au long de son texte, on s’aperçoit qu’il ne peut remettre en cause le caractère ecclésiastique des prêtres : les hommes de Dieu sont des hommes de Dieu. Donc il lui est impossible de dire que les hommes de Dieu sont des pédophiles, et il est obligé de faire une pirouette argumentaire pour désigner des suppôts de Satan, donc des prêtres ou sacerdotes païens qui auraient infesté l’Église par le biais du recrutement en séminaire.

Ce faisant, par tous ces développements, le Pape porte gravement atteinte à la dignité des païens. Ceci étant renforcé par la comparaison qu’il fait entre les abus sexuels sur mineur et de supposés sacrifices d’enfants effectués lors de rites païens passés, ce qui constitue une accusation sans fondement et une comparaison infamante et diffamante pour les pratiquants de rites païens polythéistes aujourd’hui.

Ayant désigné de biens pratiques boucs-émissaires en la personne des païens, le Pape n’a alors semble-t-il plus besoin de prêter l’attention qu’ils mériteraient aux aspects psychologiques et sociétaux de manière générale, et structurels et dogmatiques quant à son institution en particulier.

« Il n’y a pas d’explications satisfaisantes pour ces abus sur des enfants. Humblement et courageusement, nous devons reconnaître que nous sommes devant le mystère du mal. » Derrière l’expression fataliste de ce constat, on sent bien que le Pape n’a aucune intention de chercher à comprendre les sources humaines, psychologiques et structurelles de ce phénomène, ce qui lui permettrait de prendre les vraies décisions courageuses au sein de sa communauté pour les combattre. À d’autres occasions dans son discours, il dénigre ainsi ce qu’il appelle les « explications empiriques » de « l’herméneutique positiviste ».

Le Pape met ainsi en avant l’importance de dépasser les explications scientifiques pour chercher des significations religieuses, soi-disant pour chercher des solutions, mais il n’en présente en réalité aucune véritable autre que des mesures de contrition a posteriori. Sa seule proposition (« humiliation, accusation de nous-mêmes, prière, pénitence ») est une proposition passive, de victime d’une source extérieure mystérieuse, qui se déclare incapable de résister et appelle au pardon plutôt que d’assumer activement la responsabilité de sa vie en prenant des mesures pour ne pas se laisser influencer et être maître de ses actes.

Enfin, une de ses ultimes propositions, le renforcement de la conversion, sous-entend à nouveau que le problème vient de l’extérieur, que ce sont les non-chrétiens et notamment les païens qui sont responsables de la situation. Aucune remise en question ne semble décidément envisageable…

L’apport des valeurs païennes au débat

Maintenant, je vous pose la question : et si plutôt que « d’assister et de protéger les plus vulnérables » comme le propose le Pape, nous nous efforcions de les rendre forts, courageux, autonomes et responsables ?

Selon les valeurs païennes, les décisions d’un chef d’institution religieuse réellement responsable devraient être dans ces circonstances :

Tout d’abord de regarder en face la réalité humaine des agissements ignobles des sacerdotes dont il est responsable, et d’en rechercher activement les causes, non dans des superstitions ou des concepts fumeux et vagues, mais dans la réalité psychologique et sociale grâce au regard et au concours de la Science.

D’en tirer ensuite les conclusions qui s’imposent sur les mesures concrètes à prendre.

Ceci non seulement par des décisions précises concernant les individus, et par la prévention de toute manifestation future de tels comportements par une sélection et un accompagnement adéquat des futurs sacerdotes, choses qui à défaut d’être réellement systématiquement mises en œuvre de manière pertinente par l’Église catholique, sont au moins évoquées dans le discours du Pape.

Mais également par la remise en question du fonctionnement, voire des valeurs de l’institution qui a permis que se manifestent en son sein de tels comportements totalement inacceptables. Ce qui implique bien sûr d’être en capacité de faire évoluer cette structure, et non d’être enfermé dans un dogme rigide, comme l’est par exemple celui du célibat et de la chasteté imposés aux prêtres. Pas un instant l’idée que cette norme puisse être impliquée dans l’émergence des comportements d’abus sexuels et de ce fait être remise en cause ne semble par exemple effleurer le Pape…

Et enfin, d’œuvrer à cette prévention au sein de l’ensemble de la population grâce à des programmes d’accompagnement, de sensibilisation à l’écoute et à la bienveillance qui permettent d’éradiquer ce problème de la violence envers les enfants à sa racine : dans l’accompagnement des générations futures vers l’entièreté et la mise en avant du respect de tous les êtres vivants comme une valeur fondamentale, au côté notamment du courage, de l’autonomie et de la responsabilité.

Car loin d’être une fatalité que l’on ne peut que subir et face à laquelle on ne peut mettre en place que des processus de réparation et de contrition a posteriori, ce fléau doit être envisagé comme le fruit d’un accompagnement inadéquat et défaillant des êtres que l’on peut donc tout à fait projeter de réduire significativement à terme par des mesures et des programmes concrets, bien loin du concept abstrait de « mal » bien pratique pour se dédouaner de toute responsabilité et de toute possibilité d’action préventive.

Agir plutôt que subir ; prévenir activement plutôt que réparer et s’humilier ; être responsable et capable d’évolution, plutôt que demander pardon sans changer notablement son fonctionnement, voilà comment nous, païens polythéistes, voyons la façon d’être dans le monde, quelles sont nos valeurs, nos pratiques et nos propositions face à ce problème.

Pour le respect de toutes les religions

Le respect de toutes les religions : communiqué commun du Conseil des Aînés et de l’Ordre Druidique de Dahut.

le respect de toutes les religions

Nous, organisations cultuelles païennes polythéistes, condamnons fermement l’antisémitisme, comme toutes formes de religiophobie et d’athéophobie.

Selon les valeurs du druidisme, les païens vivent une laïcité libérale et positive au jour le jour, afin de garantir un polythéisme actif, dont le vécu est personnel. Au nom de cela, il nous est impossible de juger qui que ce soit selon ses croyances ou l’appartenance à un peuple. Être polythéiste nous impose le respect de tous les cultes, qu’ils soient polythéistes, du Livre, ou encore l’absence de culte pour l’athéisme.

C’est pour cela qu’en tant qu’institutions polythéistes, nous appelons à l’apaisement, au respect et à la culture des différences. Ce respect passe par l’écoute et l’échange entre toutes les religions entre elles et avec les instances publiques laïques. Il doit se traduire par l’ouverture de chaque tradition aux autres traditions.

Que nous soyons druidisants, polythéistes d’autres traditions, chrétiens, juifs, musulmans… nous sommes tous des citoyens vivant dans une des rares Républiques qui affirme la liberté totale de croyance et laisse le choix et le luxe à chacun de vivre librement sa foi, sa croyance ou son athéisme.

Aussi, nous soutenons et allons dans le sens du rassemblement Républicain de ce jour, pour la lutte contre toute forme d’antisémitisme et, au-delà de l’antisémitisme, contre toute forme de privation des libertés de croyances et de consciences.

Pour le Conseil des Aînés
Belen Faouenn d’Ahès

Pour l’Ordre Druidique de Dahut,
Yavanna.

Pour aller plus loin :
Plus d’informations sur le positionnement de l’Ordre Druidique de Dahut dans son Manifeste sur la Laïcité et dans l’article de fond Laïcité : Informations et réflexions.

Souvenirs de l’éclipse de la première Pleine Lune de la Roue 5

Dans la froideur de la nuit, sacerdotes et invités ont été conviés à assister à la danse nocturne de Belenos et Belisama.

Autour des deux lanternes symboliques, explications et recueillement ont rassemblé hommes et femmes. Dans le même temps, le ciel dégagé a permis la jouissance de la vue de cette éclipse lunaire.

Spectacle inoubliable de la Lune qui de pleine peu à peu est devenue gibbeuse, puis croissant, et enfin qui a retrouvé sa plénitude, mais teintée d’un rouge sang qui par le passé a rempli les anciens d’effroi. Pour nous à qui la Science a apporté un regard de compréhension sur le jeu des astres et le fonctionnement de l’univers, l’effroi n’est plus de mise, mais la fascination demeure face à la merveille de cet évènement.

Après les prières d’usage, l’invocation de Belenos et Belisama par les cheminantes Ovates est montée haute et claire vers les astres qui constituent leur incarnation dans Notre Monde. Noms et Chants depuis l’Échine du Dragon, pour permettre l’accueil des divinités dans le cercle, et donner à chacun l’occasion de faire ses offrandes en présence des forces divines.

Puis les pas des hommes et des femmes ont martelé la terre autour des rochers, en écho avec la danse des astres dans les cieux.

Enfin, un moment de recueillement autour de la conscience en chacun de la Graine d’Or, incarnation de notre Être et origine de nos ressources propres et de notre autonomie a précédé les embrassades avant que chacun retourne en ses pénates, riche de souvenirs et d’expérience partagée.

Témoignage sur Omnia fin de Roue 4 – début de Roue 5

Préparatifs et fin de Roue 4

Longue descente depuis la Pleine Lune du Chaudron, sous le signe de l’eau. L’influence de cette grande fête sacerdotale se fit sentir très tôt, et se présenta à nouveau sous un nouvel aspect, imprégné d’émotions et de froid. Vitalité d’une Tradition sans cesse renouvelée, par l’écoute et l’absence de présupposés…

L’if accueillit les cheminantes ovates sous sa frondaison protectrice : enseignements, constats et hommages rendus aux Dieux et aux Déesses, dans la simplicité d’un moment dépourvu d’attentes mais riche de complicité.

Temps Hors du Temps

Les bougies omniales se firent discrètes en cet Omnia de l’eau, et chacun dû traverser le Temps hors du Temps sans le secours de leur chaude lumière, avec pour seul repère la lueur intime de sa graine d’or personnelle.

Enfin vint la cérémonie principale, qui libéra la tension accumulée : invocation du noble Maître du Temps, émotions confiées à l’obscurité complice, murmures honorant la mémoire des ancêtres, et l’appel vibrant d’Ael depuis les profondeurs d’Ys pour accueillir sur le Tertre l’énergie venue du cœur du pagus et enfin l’effondrement des Portes qui permit dans un temps suspendu la fusion des mondes et la palpable immixtion d’un espace dans l’autre…

Puis dans la nuit enfin tombée sur la frondaison des arbres, sur l’appel du sacerdote en charge, arriva dans le cercle la présence massive de la très noble Ahes, dont c’était la Fête au cœur d’Omnia. Chacun vint à sa rencontre, porter son offrande et honorer cette Aînée Maîtresse des Arts magiques en relation avec l’Autre Monde.
Alors seulement le Feu d’Ahes pour la Nouvelle Roue vint éloigner la force de l’Eau noire qui jusque-là engluait les Êtres, et le spectre de la Glace Noire s’éloigna alors même que dans le Chaudron Keriwena et Dahut transformaient pour les Êtres les dépôts de la Roue passée.

Début de la Roue 5

Dans les premières lueurs de l’aube, les sacerdotes se réunirent dans le bois pour fêter le début de cette nouvelle Roue par un feu splendide dédié à Belenos, dont les premiers rayons marquent le retour du Temps pour les Êtres.

Et le feu de Bel se transforma en feu sacrificiel d’Aesus, signifiant par là la coloration du cycle à venir…

Crépuscules lumineux, Pleine Lune Noire, Eau noire produisant le Feu, la confusion fut au cœur de cet Omnia étrange…
Rendez-vous dans une Roue pour découvrir encore un autre visage de cette fête si complexe…

Retour sur le second Solstice d’Hiver de la Roue 4

Préparatifs dans le cœur de la Saison Sombre

Alors que la luminosité décroissait et que l’on plongeait vers le cœur de la Saison Sombre, voici que l’on a décoré les arbres toujours verts du jardin et préparé bougies, guirlandes et bûches décorées pour illuminer la maison.


La tradition de la bûche décorée renvoie à la solidarité entre les hommes durant les temps froids de la Saison Sombre, comme nous l’expliquions dans l’article sur les symboles liés au Solstice d’Hiver.

Hommage à Belenos

Le jour venu du Solstice lui-même, sacerdotes et invités se sont retrouvés après le coucher du soleil dans le couvert intime des bois de Neved pour célébrer cet acmée de la Saison Sombre.

Premiers élans du feu avant que l’eau noire d’Omnia ne fasse sentir son influence…

Le jeu des rythmes de la Lune et du Soleil veut que cette Roue le Solstice d’Hiver se trouve au milieu de la descente vers la grande fête sacerdotale d’Omnia. Et qui plus est d’un Omnia sous le signe de l’eau. Aussi cette célébration fut marquée par le poids de cette forte présence de l’eau noire d’Omnia : le feu des hommes au cœur de la nuit, d’ordinaire vif et haut et clair en l’honneur de Belenos, fut fugace et passager, juste le temps d’envoyer les offrandes vers la divinité.

Cultiver le feu intérieur pour en rayonner vers le monde

Cependant Belenos malgré tout bien présent saisit l’occasion de ce rendez-vous avec la fraîche obscurité du cœur de la Saison Sombre pour initier un temps de partage, de méditation et d’attention au feu intérieur qui brille en nous : la graine d’or inaltérable de l’Être. Il rappela que quand bien même le feu physique fait défaut, les êtres peuvent faire appel et rayonner de cette chaleur intérieure, ressource accessible à tous et qu’il nous revient de cultiver et de rayonner vers les autres et le monde….

Seules les bougies de la bûche décorée ont soutenu le temps de la méditation…

Enfin le partage du fruit sucré de saison permit à chacun d’incarner cette recommandation dans l’expérience concrète, et marqua la transition avec le moment profane convivial qui suivit.

Rendez-vous

Par ailleurs, Belenos donna rendez-vous au premier lever de soleil de la Roue, après la cérémonie principale d’Omnia, à ceux qui le souhaitaient pour venir faire enfin brûler pleinement et librement le feu bridé du Solstice, et libérer l’énergie contenue pour nourrir la nouvelle Roue.